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"International Cooperation For Memory" - Conclusions de la "Table longue"

"International Cooperation for Memory", la semaine internationale consacrée à la mémoire, organisée à Srebrenica par l'association Tuzlanska Amica et la Fondation Alexander Langer s'est terminée samedi 1 septembre.

La semaine a vu la participation de quelques représentants de la population et des organisations de Srebrenica, d'intervenants qualifiés et de personnes intéressées venant de la Bosnie, de différents pays de l'ex-Yougoslavie, d'Italie, de l'Allemagne et de l'Angleterre, ainsi que d'une survivante du génocide en 1994 au Rwanda.

La ville de Srebrenica a été profondément blessée par la guerre en ex-Yougoslavie. Le point culminant fut le massacre, qualifié de génocide, de plus de 8.000 musulmans en juillet 1995, perpétré dans l'indifférence totale de l'Europe et de la communauté internationale. Et aujourd'hui, 12 ans après la fin du conflit armé, la ville montre encore les lourdes conséquences de la guerre: maisons détruites, rues vides, une population drastiquement réduite et avec peu d'enfants, la douleur des familles meurtries et l'extrême difficulté rencontrée par les réfugiés à retourner chez eux.

La semaine, constitué de rencontres, séminaires, ateliers et tribunes publiques, comprenait un temps fort avec la Table longue de confrontation et de discussion qui réunissait des experts internationaux. A l'issue des travaux les participants ont réaffirme que:

            1. Il est nécessaire d'affirmer la vérité sur le génocide de Srebrenica et de favoriser la diffusion des connaissances.

            2. Il est nécessaire que toutes les victimes voient leur statut de victime reconnu par la société et par les institutions.

            3. Il est nécessaire que les planificateurs et les exécuteurs du génocide soit traduit en justice et condamnés.

            4. Il est nécessaire de soutenir la population de Srebrenica qui souffre encore des conséquences à long terme de la guerre et du génocide et qui subit une conjuration du silence.

Selon les participants tout ceci représente une condition préalable à la construction d'une mémoire collective de tous les crimes commis pendant, avant et après le génocide. Une mémoire qui doit être cultivée, entretenue et sauvegardé pour les générations à venir. Ce n'est qu'alors que pour ceux qui ont vécu le génocide, et à plus forte raison pour leurs enfants, la vie pourra reprendre son cours.

Dans ce cadre, la Table longue s'est engagée à organiser dans un an une autre occasion de rencontre et de dialogue ayant comme but de :

            1. briser la conjuration de silence;

            2. offrir aux victimes du génocide et aux victimes de la guerre, et pas seulement celles de Srebrenica, la possibilité de parler publiquement et d'être écoutées;

            3. assurer la continuation de la confrontation avec des experts et des personnes intéressées venant d'autres parties d'Europe et du monde;

            4. offrir à des experts bosniaques et internationaux la possibilité d'exprimer leurs points de vue sur Srebrenica à Srebrenica;

            5. garantir aux gens de Srebrenica un rôle essentiel dans le débat où personne ne doit être jugé en raison de son appartenance.